Chapitre 1
Encore une fois, elle c'était enfui, encore une fois énième n'avait pas sut garder son sang froid, encore une fois ils étaient allés trop loin. Elle n'en pouvait plus, elle n'y arrivait plus. Ils la détestait, tous, pour ce qu'elle était, pour ce qu'elle avait. Tous ses regards haineux posés sur elle, tous ses regards qui la dévisageaient, tout ses regards qui la faisaient se sentir différentes des autres. Elle avait essayé de ne pas y faire attention, de passer outre, de faire comme si tout allait bien, mais ce n'était pas le cas, rien n'allait comme il fallait. Sa famille ,ne voulait pas comprendre à quel point elle souffrait, à quel point elle se sentait rejeté par tous et de tous.
Adwilda courait aussi vite qu'elle le pouvait dans les rue de Berlin, elle voulait s'éloigner, s'éloigner le plus loin possible du lycée, s'éloigner de ses camarades. Encore une fois elle n'avait pas put gardé son calme, encore une fois elle avait répondu aux provocations et aux injures délibérées de ses camarades. Elle n'était pourtant pas différente d'eux, si l'on ne regardait pas sa poitrine, personne ne pouvait deviner qu'une fine cicatrice se trouvait là, défigurant à jamais son corps.
Ce n'était pas sa faute si elle était malade depuis sa naissance, si elle avait du être opéré plusieurs fois, la dernière fois qu'elle avait mis les pieds dans un hôpital pour passer sur la table d'opération, elle avait quatorze ans. Comment pouvait on lui reprocher d'avoir était opéré du c½ur? Comment pouvait on lui reprocher d'avoir une cicatrice entre les seins? Les autres avaient fini par la persuader qu'elle n'était pas désirable, que sa cicatrice coupait toute envie à un homme d'aller plus loin avec elle que les simple baisés. Alors au fil des années Adwilda c'était renfermée sur elle, ne parlant plus à personnes,e participant plus en cours, gardant le visage fermé de toutes expressions, de tous sentiments.
Les élèves qui partager les mêmes cours que elle la trouvait froide, sans âme, vide de tout intérêt. Elle n'était qu'une fille qui fallait à tout prix éviter. Comme pour échapper à une maladie particulièrement contagieuse, une maladie qui ne laissait aucune chance de survie. Alors Addy, après s'être fait rejeté pour la énième fois, avait décidé de laisser tomber, de ne plus faire semblant d'être heureuse, d'arrêter de faire confiance aux personnes qui l'entouraient, de rester le plus éloigné possible de tout le monde. Pour que l'on arrête de la regarder comme si elle était un monstre, une bête curieuse, pour que l'on cesse de la montrer du doigt ou de l'observer en faisait en sorte qu'elle entende ce que l'on disait sur elle. Alors pour échapper à tout cela, pour échapper aux mépris de camarades, elle c'était une nouvelle fois enfui du lycée. Elle les haïssaient tous, tous pour ça, pour ce qu'ils étaient, pour ce qu'ils faisaient.
Elle courait et courait encore, ne sachant pas ou elle allait et n'en faisait pas vraiment cas, elle voulait simplement s'éloigner, s'éloigner de tous ce qui la faisait souffrir. Après plus d'une demi heure de course folle à travers les rues de Berlin, elle s'arrêta, épuisée, vidée de toutes énergies. Elle posa une main tremblante sur sa poitrine et essaya de reprendre son souffle. Elle n'avait jamais autant couru de toute sa vie. Sur le coup de la colère, du désespoir, de la tristesse elle n'avait pas fait attention à la douleur, la douleur qui au même instant l'a fit brusquement éclater en sanglot et s'écrouler contre le mur derrière elle. Elle pleurait toutes les larmes de son corps, maudissant cette maladie qui la rendait si différente des autres, maudissant sa famille de ne pas comprendre à quel point elle souffrait, se maudissant par la même occasion de ne pas réussir à contrôler ses crises lorsqu'elle était fatigué, triste ou en colère.
Sa montre sonna, la tirant ainsi de ses pensées obscures, elle se leva péniblement essayant tant bien que mal de calmer les battements précipités de son c½ur. Comme toujours, elle avait l'impression qu'il allait exploser, elle prit une petite boîte dans la poche de son jean, l'ouvrit et laissa tomber deux petits cachets blancs dans sa mains toujours tremblante. Sans réfléchir et parce qu'il s'agissait d'un automatisme à présent, elle les avala, sans eau, sans rien, tout simplement.
Lorsque se fut chose faites, elle s'écroula une nouvelle fois contre le mur, elle replia ses jambes contre sa poitrine en enlaçant ses bras autour, elle posa sa tête dessus et ferma les yeux. Elle attendit alors que sa crise passe, qu'elle puisse se lever pour aller s'isoler dans un coin moins fréquenté que celui-ci. Les battements de son c½ur se firent moins violents mais restèrent tous de même douloureux. Elle commença à partir dans un autre monde, un monde qui la rendait aveugle et sourde à tous ce qui l'entourait. Plus rien n'existait, plus personne ne pouvait lui faire du mal. Malheureusement bien que cet état second la fasse partir loin de ses problèmes, elle lui faisait tout de même percevoir la douleur avec plus de violence. Elle entendait les battements de son coeur, un lent..., deux rapides...., un lent..., deux rapides... N'ayant plus conscience du monde qui l'entourait,elle ne vit et n'entendit pas le jeune homme se pencher vers elle.
Il secoua doucement son épaule pur qu'elle ouvre les yeux. Adwilda sursauta avec force au contact de la main posé sur elle. Lorsqu'elle releva la tête et ouvrit les yeux, elle vit une main se tendre vers elle. Elle resta là, sans bouger, observant simplement cette main, après plusieurs secondes d'hésitation à la regarder elle s'en saisit et fut bientôt sur ses deux jambes en tremblant. Elle leva les yeux vers cet inconnu qui l'avait aidé et en eut le souffle coupé. Deux magnifique yeux chocolat avec une multitudes de paillettes jeunes dorées la fixaient. Ses yeux riaient.
- Mer. . .merci, dit-elle simplement ses yeux fixant toujours ceux de l'inconnu.
- De rien, déclara-t-il simplement.
- Je. . . Au revoir, dit-elle précipitamment avant de partir aussi vite que possible.
Le jeune homme la regarda s'enfuir sans faire le moindre geste pour la retenir, il avait perçut une telle douleur dans son regard, une immense souffrance mais également de la solitude. Lorsqu'il regarda par terre il vit un petit flacon rouler vers le caniveau, il s'en saisit rapidement et vit qu'une adresse était inscrite dessus:
12 rue Taubenstraße
apartement 9
3ième étage